Le village de Jongny

Géographie

Le développement d'une agglomération est largement conditionné par le site où elle s'inscrit. D'autres facteurs peuvent encore l'expliquer. Dominant le lac Léman et proche de Vevey, le site de Jongny offre aujourd' hui de nombreuses qualités.

Dans son extrême partie orientale, le bassin lémanique présente certains traits physiques particuliers, lieu de rencontre du lac Léman et des Préalpes, juxtaposition de rivages lacustres et d'une montagne dévalant vers eux, la région offre un paysage très encaissé.
Aux abords de la Veveyse pourtant, l'adret lémanique s'élargit quelque peu en perdant de son inclinaison, une campagne plus aimable apparaît. Elle est faite de pentes douces qui, recouvertes de vignes, de vergers ou de prairies, descendent jusqu'au lac depuis les sommets boisés des Pléiades, du Mont-Vuarat ou du Mont-Pèlerin.

Le village de Jongny est bâti sur le versant méridional du Mont-Pèlerin, à quelque 600 mètres d'altitude. Situé à proximité de Vevey, il domine un vignoble se rattachant à Lavaux, tandis que la partie supérieure du territoire communal, couverte de champs et de forêts, monte jusqu'à 750 mètres d'altitude. Elle s'étend alors en déclinant, dans la direction du nord, entre le Mont-Vuarat et le Mont-Pèlerin. Là débute un corridor de circulation naturel, connu sous le nom de "trouée d'Attalens".
Attirés par le site, de nombreux résidents s'établissent de nos jours dans le village ou dans ses environs immédiats. Routes, demeures, infrastructures diverses ont été réalisées; ces constructions donnent aujourd'hui à la région un visage nouveau. Longtemps, Jongny est resté un petit village, vivant replié sur lui-même. Son histoire, racontée dans les pages suivantes, est vieille néanmoins de deux mille ans.

 

Histoire

 Des témoignages archéologiques et certains indices toponymiques permettent de penser que le territoire communal fut un lieu de passage fréquenté dès l'époque romaine. Il abritait sans doute aussi une exploitation agricole qui pourrait être à l'origine du village.

 

Il existe dans les hauts du village un sentier Romain et, dans son prolongement, un chemin Romain. Leurs présences intriguent. Sont-ils les vestiges d'une antique voie romaine? Un tronçon de route romaine Vevey-Oron, par la "trouée d'Attalens", est connu depuis longtemps des historiens. On le trouve en effet mentionné dans plusieurs documents anciens relevant le réseau routier romain, tels l'Itinéraire d'Antonin ou la Table de Peutinger. Les étapes y sont bien localisées: Vibiscus ou Viviscus (Vevey) et Uromagus ou Viromagus (Oron­-la-Ville) apparaissent comme telles. Le tracé par contre est restitué de façon schématique. Cela n'a rien d'étonnant si l'on sait qu'une route romaine, plus qu'une voie carrossable, est une organisation comportant, à intervalles appropriés, des gîtes d'étape et des relais. Il s'avère donc souvent difficile d'en localiser le tracé exact.

Cette localisation est rendue plus difficile encore, voire impossible, lorsque le terrain est fortement urbanisé et remanié. C'est le cas à Jongny précisément. Néanmoins, au-dessus du village, un tronçon de route romaine a bien été communément reconnu et admis par les différents auteurs qui se sont penchés sur la question: l'antique voie passait par les lieux-dits Sous-Mont, Friboges et Vers les Galley pour se diriger ensuite sur le château d'Attalens. Le sentier Romain et le chemin Romain, situés dans l'axe de cette antique voie romaine, en conservent donc le souvenir. Mais leur historicité reste à démontrer.

Certains indices toponymiques laissent supposer qu'à l'époque romaine une ferme ou une exploitation agricole existait sur les terres actuelles de la commune. Nous n'en avons trouvé aucune trace, mais nous savons que les noms de lieux terminés de nos jours par -ay; -ex, ou -y; sont issus de mots latins qui comprenaient le suffixe -acus. Ajouté à des noms de personnes, ce suffixe latin servait à désigner une ferme, une exploitation agricole ou encore le centre d'un domaine.


Quel était le nom de cet illustre propriétaire ? S'appelait-il Juvenius, Gallinius, ou encore Gallenius ? On penche parfois pour cette dernière hypothèse, quoiqu'aucune preuve ne puisse être avancée. Le vocable de Jongny viendrait alors de (fundus) Ga//eniacus, autrement dit "le domaine de Gallenius". Malgré le temps passé, quelques traces d'une vie antique subsistent. D'autres pourraient un jour apparaître.

 

 

 


 
Les armoiries
 

D'azur à la cloche accompagnée en chef de deux étoiles et en pointe d'un coeur, le tout d'argent.

Les armoiries communales, adoptées en 1924, reprennent le coeur et les étoiles des armoiries de Corsier, rappelant ainsi le souvenir de l'ancienne paroisse.
Ces ornements entourent la cloche de l'ancienne chapelle.